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Régis Debray
Régis Debray. Source: Wikipedia

Régis Debray, né le à Paris, est un écrivain, philosophe et haut fonctionnaire français.

Engagé aux côtés de Che Guevara dans les années 1960, il est emprisonné et torturé à plusieurs reprises en Amérique du Sud. Il devient par la suite un écrivain prolifique. Dans le domaine des sciences de l'information, il crée et développe le domaine de la médiologie et fonde la revue Médium. Il a été membre de l'académie Goncourt entre 2011 et 2015.

Biographie

Régis Jules Debray est le fils de Georges Debray, avocat à la Cour d'appel de Paris, ancien membre du Conseil de l'Ordre des avocats et secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris, et de Janine Alexandre-Debray, avocate et femme politique. Élève au lycée Janson-de-Sailly dans le 16e arrondissement de Paris, son premier « passeur » vers la philosophie est Jacques Muglioni qu'il décrit comme un « hussard noir de la grande époque » ne commentant jamais l'actualité. Il réussit brillamment le concours d'entrée à l'École normale supérieure en 1960 : il entre cacique, puis passe l'agrégation de philosophie en 1965, tout en militant à l'Union des étudiants communistes. Il étudie à la Sorbonne. En 1965, il est nommé professeur de français au Lycée Henri-Poincaré de Nancy, qu'il quitte après quelques mois d'enseignement.

La même année, il part à Cuba puis suit Che Guevara en Bolivie. Il théorise sa participation à la guérilla de l'ELN dans Révolution dans la révolution (1967) où il développe la théorie du foquisme de « foco » (foyer en espagnol) : la multiplication de foyers de guérilla. Ion Pacepa, ancien général des services secrets roumains, dit qu'alors le « terroriste français Régis Debray était un agent hautement prisé du KGB ». Il use alors du pseudonyme de « Danton ».

L'ELN est durement frappée le 20 avril 1967 lorsque Régis Debray et Ciro Bustos sont capturés. Tous deux sont torturés par les forces gouvernementales[source insuffisante]. Irénée Guimarães sera aussi, à cette occasion, arrêté avec eux par la police militaire bolivienne. Les preuves d'un accord de Debray avec la CIA (informations contre arrêt des tortures et promesse d'une peine clémente) ont été découvertes ; d'autres évoquent également des informations et des dessins donnés par Bustos en échange d'un traitement de faveur pour l'identification du groupe. Aucune version n'a pu être confirmée à ce jour, mais il semble vraisemblable qu'un ensemble de renseignements, à la suite de leurs interrogatoires respectifs, ait permis de rassembler assez d'éléments pour permettre aux forces boliviennes d'identifier, tracer et intercepter le groupe.

Selon Jorge Castañeda Gutman, Debray est passé à tabac les premiers jours de sa détention, mais jamais torturé au sens propre. Personne à aucun moment n’a touché un cheveu de Bustos,,. C’est au bout de trois semaines, après avoir sciemment parlé dans le vide de façon à ne livrer aucune information concrète, que Debray admet les évidences, à savoir la présence du Che, déjà reconnue par Bustos, les déserteurs et le guérillero Vasquez Viana, arrêté le 28 avril et victime d’un subterfuge. Même après la rupture politique de Debray avec le régime cubain, Manuel Piñeiro, le chef des services secrets cubains, reconnaît que ce dernier n’a fait que « confirmer la présence du Che en Bolivie », et qu’« il ne serait pas correct de ma part de rendre Debray responsable de la localisation de la guérilla, et encore moins de la mort du Che. » Quant à Fidel Castro, qui avait déjà évoqué « l’attitude ferme et courageuse » de Debray dans sa préface au Journal du Che (1968), il répète dans sa Biographie à deux voix l’avoir envoyé lui-même en mission en Bolivie, et ne lui fait reproche de rien. Debray a lui-même, dans sa Déclaration devant le Conseil de Guerre, révélé et stigmatisé la présence de la CIA dans ses interrogatoires et les propositions qui lui furent faites de se renier en échange d’une libération « rapide et discrète ».

Selon Aleida Guevara, il aurait livré des informations-clés permettant d'éliminer le Che. Cette imputation, intervenue après la rupture politique de Debray avec le régime cubain en 1989 (alors qu'a lieu le procès du général Ochoa et que s'ensuit l'exécution de son ami Tony de la Guardia (en), qu'il condamne), n'a jamais été reprise par Fidel Castro, et même démentie par le chef des services secrets cubains, Manuel Piñeiro,, ainsi que par François Maspero, Pierre Clostermann, compagnon de la Libération, après une entrevue avec le général Parrientos, l'investigateur cubain Froilán González et par Régis Debray lui-même. Régis Debray sera condamné le 17 novembre 1967 à la peine maximale de trente ans d'emprisonnement militaire, échappant à la peine capitale. S'ensuivra une campagne internationale en sa faveur lancée par Jean-Paul Sartre ; il sera libéré au bout de trois ans et huit mois d'incarcération, grâce à un général modéré de la junte militaire au pouvoir en Bolivie. À sa libération, il séjourne au Chili et rencontre Salvador Allende et Pablo Neruda. De la rencontre avec Salvador Allende émergeront le livre Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, ainsi qu'un entretien vidéo : Ce que disait Allende. Il travaille fin 1972 avec Serge et Beate Klarsfeld afin de les aider à organiser l'enlèvement du responsable nazi Klaus Barbie, devenu tortionnaire en Bolivie, afin d'obtenir son jugement en France. Il rentre en France en 1973. Ciro Bustos vit quant à lui en exil en Suède.

En 1979, son tiersmondisme revenant à la charge, il participe - essentiellement en tant qu'observateur - à la révolution sandiniste aux côtés des muchachos du Nicaragua aux côtés de Daniel Ortega et Humberto Ortega, qui considèrent le proche de Castro comme un ami. Un crochet par Paris lui fait manquer le renversement du dictateur Somoza en place.

De 1981 à 1985, il est chargé de mission pour les relations internationales auprès du président de la République François Mitterrand. Le 21 juillet 1982, une explosion détruit son appartement, vide à ce moment-là ; cet attentat aurait été commis par de mystérieuses « Brigades Révolutionnaires Françaises » qui avaient revendiqué l'enlèvement de Jean-Edern Hallier, quelques mois plus tôt, le 25 avril. Régis Debray est ensuite nommé secrétaire général du Conseil du Pacifique Sud, et enfin maître des requêtes au Conseil d’État puis mis en disponibilité sans traitement en 1988. Il démissionne en 1992.

En 1991, il participe à la fondation du Comité Laïcité République. La même année, il est responsable culturel du Pavillon français à l’exposition universelle de Séville. En 1993, il présente une thèse de doctorat à Paris-I, intitulée « Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident », sous la direction de François Dagognet ; il obtient, en 1994, son habilitation à diriger des recherches.

Il analyse alors l'impact des médias et de la communication, et fonde, en 1996, les Cahiers de médiologie qui deviennent, en 2005, la revue Médium. Transmettre pour innover.

En 1998, il est directeur de programme au Collège international de philosophie (avec François Dagognet, un séminaire sur « Technique et Philosophie ») et président du Conseil scientifique de l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB).

En 2002, il est à l'initiative de la création de l’Institut européen en sciences des religions (détachement auprès de l’École pratique des hautes études, à Paris) dont il est président jusqu'en 2004.

Selon l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, Régis Debray est allé à Port-au-Prince en 2004 lui demander de démissionner avant la fin de son mandat constitutionnel,.

Le , Régis Debray est élu membre de l'académie Goncourt. Dans une lettre datée du , il annonce qu'il démissionne du jury de l'académie,.

Vie privée

  • Elizabeth Burgos (1re épouse), rencontrée en 1963 à Caracas; ils prennent ensemble le maquis. Ils vont ensuite à Cuba. Ils se marient le 14 février 1968, dans la prison de Bolivie où est incarcéré Regis Debray. De retour en France en 1973, ils logent chez Simone Signoret, place Dauphine). Ils divorceront plus tard.
  • Isabelle Ambrosini (2e épouse), rencontrée en 1995 à Paris.
  • Laurence Debray (fille), née en 1976, qu'il a eue avec Elizabeth Burgos.
  • Antoine Debray (fils), né en 2001, qu'il a eu avec Isabelle Ambrosini-Debray,.

Il vit à Paris, dans le quartier de l'Odéon.

Distinctions

  • 1977 : prix Femina pour La neige brûle
  • 1996 : prix Novembre pour Loués soient nos seigneurs
  • 2011 : élu membre de l'Académie Goncourt
  • 2019 : grand prix de littérature de l'académie française

Repères chronologiques

  • 1940 : naissance à Paris
  • 1961 : se rend à Cuba et participe aux brigades d'alphabétisation de Fidel Castro
  • 1963 : au Venezuela, il filme la guérilla, troque la caméra pour le fusil et entre dans les rangs des révolutionnaires
  • 1965 : agrégation de philosophie et enseigne trois mois à Nancy
  • 1965-1967 : Cuba et Amérique latine
  • 1967-1971 : prison (Camiri, Bolivie)
  • 1971-1972 : résidence au Chili
  • 1973 : réinstallation en France
  • 1981-1985 : chargé de mission auprès du président de la République pour les relations internationales
  • 1984-1985 : secrétaire général du Conseil du Pacifique Sud
  • 1985-1992 : maître des requêtes au conseil d’État. Mise en disponibilité sans traitement en 1988. Démission en 1992
  • 1991-1992 : responsable culturel du Pavillon français à l’exposition universelle de Séville
  • 1993 : thèse de doctorat : Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident
  • 1996 : naissance des Cahiers de médiologie (1996-2002, semestriel, Gallimard ; 2003, semestriel, Fayard)
  • 1998 : directeur de programme au Collège international de philosophie (avec François Dagognet, un séminaire sur « Technique et Philosophie »)
  • 1998-2002 : président du Conseil scientifique de l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB)
  • 1999 : professeur de philosophie à l’université Jean-Moulin-Lyon III
  • 2002-2004 : président de l’Institut européen en sciences des religions
  • 2012 : nommé au conseil d'administration de la Maison de l'Histoire de France

Engagements politiques

En 1981, 1988 et 2002, il fait partie des intellectuels qui soutiennent respectivement François Mitterrand puis Jean-Pierre Chevènement.

Son engagement est marqué par l'antiaméricanisme.

En 1989, il co-signe un appel dans Le Nouvel Observateur avec notamment Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter et Catherine Kintzler appelant à faire interdire le foulard islamique à l'école.

En 1991, il fait partie des premiers membres du Comité Laïcité République.

Après avoir soutenu le NPA à sa création[réf. nécessaire], il s’engage aux côtés du Front de gauche aux élections européennes de 2009. Lors de l’émission Bibliothèque Médicis du 20 mars 2010 sur LCP, il déclare : « Si, au bout de la discussion, on m’oblige à me classer entre droite et gauche, je me dirais gaulliste de gauche, voire, au grand dam de certains, gaulliste d’extrême gauche ! Honnêtement, j’ai beaucoup de mal à trouver quelque enjeu que ce soit à la politique intérieure de la France d’aujourd’hui ». Dans Rêverie de gauche, Régis Debray associe République et peuple et prend position sur les enjeux électoraux, en soutenant Jean-Luc Mélenchon à quelques semaines de la présidentielle.

En 2013, Régis Debray se déclare pour la sortie de la France de l'OTAN, organisation qu'il juge « anachronique […] déresponsabilitante et anesthésiante ».

Idées

Révolution dans la révolution ?

Régis Debray écrit Révolution dans la révolution ? Lutte armée et lutte politique en Amérique latine en 1966 et l'ouvrage est publié en janvier 1967 aux éditions François Maspero. Cet ouvrage est issu de discussions entre l'auteur, Fidel Castro et Che Guevara. Il y expose la théorie du « foco » ou « foquisme » développée séparément par ces deux hommes depuis la révolution cubaine qui débute en 1953.

Cet ouvrage apparaît comme un manuel montrant comment faire une guérilla efficace en prenant les armes, en gagnant les paysans à la cause et en renversant le pouvoir en place pour que le peuple puisse disposer de richesses égales et ainsi sortir de la grande pauvreté dans laquelle il est plongé. La guérilla prend la forme de trois grandes étapes : l'implantation, le développement et l'offensive révolutionnaire.

Cet ouvrage participe au moment révolutionnaire en Amérique latine, de 1959 à la chute du mur de Berlin en 1989, qu’on surnomme parfois « trente glorieuses révolutionnaires ». Debray dit lui-même : « Vaincre c’est accepter, par principe, que la vie n’est pas le bien suprême du révolutionnaire ». Il intervient pendant une grande agitation politique dans le monde et notamment du côté des gauches[pas clair]. L'auteur attaque notamment les anti-révolutionnaires : « trotskisme et réformisme se donnent la main pour condamner la guerre de guérilla la freiner ou la saboter ». À sa sortie, il est tiré à 300 000 exemplaires en espagnol ; des extraits étaient lus tous les jours sur radio Habana.

Régis Debray prend les armes aux côtés du Che dans la Guérilla de l'ELN, qui se veut une application de la théorie du Foquisme.

Sacré

Régis Debray s’intéresse au problème du religieux et de la croyance au sein du groupe social. Son postulat de départ est : il n’y a pas de société sans transcendance. De même qu’un État laïc a ses obligations morales, les athées ont des valeurs sacrées. Pour lui, cette transcendance est nécessaire à la cohésion sociale. L’Union soviétique avait Lénine, les États-Unis d'Amérique ont George Washington et les pères fondateurs, la Constitution. Il y en avait aussi autrefois en France avec les héros mythiques de la République, comme Danton ou Leclerc…

Selon Régis Debray, un groupe ne peut se définir que vis-à-vis d'une référence transcendante (qu'elle soit territoriale, doctrinaire ou légendaire) vers laquelle se tourne la croyance des gens. Il appelle cette nécessité de définir le groupe par une entité qui lui est extérieure l'incomplétude, et nomme cette entité le « sacré du collectif », qui est la représentation de ce que le groupe estime être le « meilleur ». C'est cette croyance qui assure la confiance réciproque entre les membres du groupe, et garantit selon R. Debray l'ordre social.

Debray affirme que l'on a cru pouvoir éliminer la religion par le siècle des Lumières, mais que l'on n'a pas pu éliminer la croyance. Selon lui, la crise actuelle en France est une crise de la symbolique républicaine, due à un manque de sacré. Pour Régis Debray, le dernier grand homme à la symbolique républicaine était François Mitterrand. Les États-Unis auraient ainsi su échapper à cette crise du sacré, par leur civisme et leur patriotisme, même s'ils se sont mis au service de mauvaises causes. L’effigie du dollar des États-Unis en est un exemple : « In God We Trust ». C’est cette symbolique patriotique qui ferait la force des États-Unis. Debray prétend appliquer le théorème d'incomplétude de Gödel à l'ordre social pour « démontrer » sa théorie.

Régis Debray affirme que quand s’épuise le sens du symbolique reviennent les autorités religieuses. Plus la puissance symbolique est dématérialisée (la religion), plus l’ordre symbolique est fort et plus la puissance symbolique est historicisée (personnages), plus l’ordre symbolique est fragile. Une humanité sans croyance est donc, selon lui, réduite à l’animalité.

Médiologie

Debray affirme que le sacré serait déterminé par la technologie de la transmission d'information, et baptise l'étude de celle-ci la médiologie. Ce néologisme désigne l’étude des supports de transmission de message, qui selon lui ont transformé les mœurs, les rapports au pouvoir, au savoir…

Régis Debray s'intéresse à trois exemples en particulier :

  • Le premier est ce qu’il appelle le codex, c’est-à-dire le premier livre relié, la Bible chrétienne, qui facilite la communication du Dieu unique. Cette « invention » du christianisme va transformer l’ordre social.
  • La deuxième révolution, deuxième évolution du sacré, est l’invention de l’imprimerie. Cette diffusion des livres, du savoir, générera l’École, la République et la laïcité.
  • La troisième grande technologie est la révolution informatique avec le développement du Web. Sur cette toile géante, il n’y a plus de frontières, plus d’État. À quelle forme de « sacré » cela mène-t-il ?

La médiologie sera le deuxième temps du travail de Régis Debray. Comment une idée abstraite devient une force matérielle ? Qu’est ce que la force des idées ? Comment l’idée d’un Dieu unique, total, universel a-t-elle acquis autant de force et comment s’est-elle traduite par des rites ? Comment l’idée d’un Dieu totalement abstrait incarné dans un être a-t-elle fait, selon lui, exploser la société romaine ? Comment peu à peu y a-t-il eu une conversion dans cette croyance qu'il présente comme incongrue ? Debray va se pencher sur toutes ces questions en étudiant les moyens de transmission. Pour lui le messager conditionne le message. Sa thèse est : « l’invention de l’écriture alphabétique jointe à une nouvelle technique de partage (le codex) dans un milieu nomade mais sédentarisé a été la condition de naissance de Dieu comme universel ». Sans cela, l’idée d’un Dieu universel n’aurait pas été possible et le Dieu juif aurait été un dieu mort. Le transport s’est réalisé par l’écriture et le partage d’un Dieu transcendant. Debray va alors constituer une histoire des « médiasphères », c’est-à-dire les techniques de transport qui ont impliqué des changements de croyance et donc des changements d’ordre social.

Critique

Régis Debray a été vivement critiqué pour son utilisation du théorème d'incomplétude de Gödel, jugée au mieux infondée sinon fallacieuse par Alan Sokal et Jean Bricmont dans leur livre Impostures intellectuelles, et par Jacques Bouveresse dans Prodiges et vertiges de l'analogie.

Ouvrages

  • La Frontière suivi de Un jeune homme à la page, Paris, Le Seuil, 1967 (ASIN B003X1XOYW)
  • Révolution dans la révolution ? : Lutte armée et lutte politique en Amérique latine [essai], Paris, Maspero, 1967 (ASIN B0000DP0JI)
  • Nous les Tupamaros suivi de Apprendre d'eux, (collectif), Paris, Maspero, 1971 (ASIN B0000DOHE9)
  • La Guérilla du Che, Paris, Le Seuil, 1974 (ISBN 978-2-020-02320-7)
  • L'Indésirable, Paris, Le Seuil, 1975 (ISBN 978-2-020-04220-8)
  • Les Rendez-vous manqués (pour Pierre Goldman), Paris, Le Seuil, 1975 (ISBN 978-2-020-04295-6)
  • Journal d'un petit bourgeois entre deux feux et quatre murs, Paris, Le Seuil, 1976 (ISBN 978-2-020-04430-1)
  • La neige brûle, Paris, Grasset, prix Femina, 1977 (ISBN 978-2-246-00518-6)
  • Ledannois (essai sur le peintre Jean-Marie Ledannois), Paris, Éditions Pierre Horay, 1977 (ISBN 2-7058-0057-3)
  • Modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire, Paris, Maspero, 1978
  • Le Pouvoir intellectuel en France, Paris, Ramsay, 1979 (ISBN 978-2-859-56100-0)
  • Le Scribe : genèse du politique, Paris, Grasset, 1980 (ISBN 978-2-246-00911-5)
  • Critique de la raison politique, Paris, Gallimard, 1981 (ISBN 978-2-070-25994-6)
  • Comète ma comète, Paris, Gallimard, 1986 (ISBN 978-2-070-70717-1)
  • Que vive la république !, Paris, Odile Jacob, 1989 (ISBN 978-2-738-10052-8)
  • À demain de Gaulle, Paris, Gallimard, 1990 (ISBN 978-2-070-72021-7)
  • Cours de médiologie générale, Paris, Gallimard (Bibliothèque des idées), 1991 ; rééd. Paris, Gallimard (Folio), 2001
  • Christophe Colomb, le visiteur de l'aube, suivi des Traités de Tordesillas, Paris, La Différence, 1991 (ISBN 978-2-729-10727-7)
  • Vie et mort de l'image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard (Bibliothèque des idées), 1991 ; rééd. Paris, Gallimard (Folio), 1995 (ISBN 978-2-070-72816-9)
  • Contretemps : Éloges des idéaux perdus, Paris, Gallimard, coll. « Folio actuel », 1992 (ISBN 978-2-070-32713-3)
  • Les Masques, une éducation amoureuse, trilogie Le Temps d'apprendre à vivre I, Paris, Gallimard, 1992 (ISBN 978-2-070-38469-3)
  • L'État séducteur : les révolutions médiologiques du pouvoir, Paris, Gallimard, 1993 (ISBN 978-2-070-73640-9)
  • Un mot encore, cher Béré, Paris, Arlea, 1993 (ISBN 2869591756 et 9782869591752)
  • Contre Venise, Paris, Gallimard, 1995 (ISBN 978-2-070-74365-0)
  • L'Œil naïf, Paris, Le Seuil, 1994 (ISBN 978-2-020-22813-8)
  • Loués soient nos seigneurs, trilogie Le Temps d'apprendre à vivre II, Paris, Gallimard, 1996, prix Novembre (ISBN 978-2-070-74558-6)
  • Transmettre, Paris, Odile Jacob, 1997, traduit en anglais en 2000 (Transmitting Culture) (ISBN 978-2-738-10461-8)
  • Par amour de l'art, une éducation intellectuelle, trilogie Le Temps d'apprendre à vivre III, Paris, Gallimard, 1998 (ISBN 978-2-070-75209-6)
  • La République expliquée à ma fille, Paris, Le Seuil, 1998 (ISBN 978-2-020-34714-3)
  • L'Abus monumental ?, textes de colloque sous la présidence de Régis Debray, Paris, Fayard, coll. « Actes des entretiens du patrimoine », 1999 (ISBN 978-2-213-60342-1)
  • Shanghaï, dernières nouvelles : la mort d'Albert Londres, Paris, Arléa, 1999 (ISBN 978-2-869-59434-0)
  • L'Emprise, Paris, Gallimard, 2000 (ISBN 978-2-070-75861-6)
  • Dieu, un itinéraire, Paris, Odile Jacob, 2001, Prix Combourg, 2003 (ISBN 978-2-738-11034-3) extraits en ligne,,,
  • L'Enseignement du fait religieux dans l'école laïque, avec une préface de Jack Lang, Paris, Odile Jacob, 2002 (ISBN 978-2-738-11157-9)
  • Le Feu sacré. Fonctions du religieux, Paris, Fayard, 2003 (ISBN 978-2-702-88890-2)
  • À l'ombre des lumières : Débat entre un philosophe et un scientifique, entretien avec Jean Bricmont, Paris, Odile Jacob, 2003 (ISBN 978-2-738-11092-3)
  • Ce que nous voile le voile : La République et le sacré, Paris, Gallimard, coll. « nrf », 2004 (ISBN 978-2-070-77052-6) ; rééd. coll. « Folio », 2006
  • Le Plan vermeil. Modeste proposition, Paris, Gallimard, coll. « nrf », 2004 (ISBN 978-2-070-77299-5)
  • Le Siècle et la Règle : une correspondance avec Gilles-Dominique o.p., Paris, Fayard, coll. « Littérature générale », 2004 (ISBN 978-2-213-61927-9) – Prix François-Mauriac de la région Aquitaine
  • Julien le Fidèle ou Le banquet des démons [théâtre], Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2005 (ISBN 978-2-070-77573-6)
  • Sur le pont d'Avignon, Paris, Flammarion, 2005 (ISBN 978-2-080-68960-3)
  • Les Communions humaines, pour en finir avec « la religion », Paris, Fayard, 2005 (ISBN 978-2-213-62439-6)
  • Supplique aux nouveaux progressistes du XXIe siècle, Paris, Gallimard, 2006 (ISBN 978-2-070-77983-3)
  • Aveuglantes Lumières, Journal en clair-obscur, Paris, Gallimard, 2006 (ISBN 978-2-081-21002-8)
  • L'Obscénité démocratique, Paris, Flammarion, 2007 (ISBN 978-2-070-78256-7)
  • Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations, Paris, CNRS Éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06629-9)
  • Un candide en Terre sainte, Paris, Gallimard, 2008 (ISBN 978-2-070-78380-9)
  • Mai 68 : une contre-révolution réussie, Paris, Mille Mille et une Nuits, 2008 (ISBN 978-2-755-50062-2)
  • Le Moment fraternité (essai), Paris, Gallimard, 2009 (ISBN 978-2-070-12462-6)
  • Dégagements, Paris, Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-070-12840-2)
  • Entretiens d'un été, Paris, Desclée de Brouwer, 2010 (ISBN 2220062333)
  • À un ami israélien : Avec une réponse d'Élie Barnavi, Paris, Flammarion, 2010 (ISBN 978-2-081-22121-5)
  • Éloge des frontières, Paris, Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-070-13158-7)
  • Du bon usage des catastrophes, Paris, Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-070-13480-9)
  • Jeunesse du sacré, Paris, Gallimard, 2012 (ISBN 978-2-070-12437-4)
  • Conversations sous influence, Régis Debray / Jean-Paul Dekiss, Revue Jules Verne 35, 2012
  • Rêverie de gauche, Paris, Flammarion, 2012 (ISBN 978-2-08-128242-1)
  • Modernes catacombes, Paris, Gallimard, 2013 (ISBN 9782070139446)
  • Le Bel-âge, Paris, Flammarion, 2013 (ISBN 9782081301160)
  • Le Stupéfiant image. De la grotte Chauvet au Centre Pompidou, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2013 (ISBN 978-2-07-014177-7)
  • Que reste-t-il de l’Occident ? avec Renaud Girard, Paris, Grasset, 2014 (ISBN 978-2-246-85136-3)
  • Ça coule de source : l'image, l'eau, la femme, Paris, Ina Éditions, 2014 (ISBN 978-2-86938-222-0)
  • L'Erreur de calcul, Paris, Le Cerf, 2014
  • Un candide à sa fenêtre, Dégagements II, Paris, Gallimard, 2015 (ISBN 9782070148059)
  • Qui est Daech ? Comprendre le nouveau terrorisme, ouvrage collectif sous la direction de Éric Fottorino, avec des contributions de Edgar Morin, Tahar Ben Jelloun, Olivier Roy, Régis Debray, Hélène Thiollet, Michel Foucher, Hosham Dawod, Michel Onfray, Dounia Bouzar, Laurent Greilsamer, Raphaël Liogier, Dominique Schnapper, Henry Laurens, Jean-Christophe Rufin, Gilles Kepel, Leïla Slimani, Gérard Chaliand, Olivier Weber, Jean-Pierre Filiu, Robert Solé, Paris, éditions Philippe Rey, coll. « Les Indispensables », 2015 (ISBN 9782848765266)
  • Madame H., Paris, Gallimard, 2015 (ISBN 9782070108039)
  • La Laïcité au quotidien: Guide pratique avec Didier Leschi, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2016
  • Allons aux faits. Croyances historiques, réalités religieuses, Paris, Gallimard, Hors série Connaissance, 2016
  • Civilisation : Comment nous sommes devenus américains, Paris, Gallimard, , 240 p. (ISBN 978-2072732409)
  • Le nouveau pouvoir, Paris, Le Cerf, 2017, 93 p.
  • Bilan de faillite, Paris, Gallimard, 2018
  • France-Amérique - Un échange de bons procédés, Paris, Autrement, 2018
  • L'Angle mort, Paris, Le Cerf, 2018, 80 p. (ISBN 9782204129152)
  • L'Europe fantôme, Paris, Gallimard, coll. « Tracts », 2019, 48 p., [présentation éditeur], (ISBN 9782072852626)
  • Un été avec Paul Valéry, Paris, coéditions Des Équateurs et France-Inter, coll. « Parallèles », 2019, 173 p., (ISBN 2849906123), [présentation éditeur], [ouvrage adapté d'une série d'émissions diffusées sur France Inter durant l'été 2018]
  • Du génie français, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2019, 128 p., [présentation éditeur], (ISBN 9782072853340)

Cinéma

  • Régis Debray apparaît dans Chronique d'un été (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin.
  • Régis Debray apparaît dans Hôtel Terminus, sous-titré Klaus Barbie, sa vie et son temps, film documentaire franco-américain réalisé par Marcel Ophüls en 1988.
  • Son rôle est joué par Marc-André Grondin dans Che - 2e partie : Guerilla (2009), la seconde partie du diptyque Che de Steven Soderbergh sur Che Guevara.
  • Il apparait aux côtés de son ami Daniel Cordier dans Daniel Cordier, la résistance comme un roman (2010). Le résistant et secrétaire de Jean Moulin lui raconte ses années de service auprès de Rex par des lieux.
  • Régis Debray se raconte et se dévoile dans son œuvre, mais aussi dans un film (co-réalisé avec Yannick Kergoat en deux parties, diffusé sur Arte. Itinéraire d'un candide (2016) retrace la vie de l'écrivain en passant par la Révolution (la première partie) puis la République (la deuxième partie), avec l'aide de nombreux intervenants dont Elizabeth Burgos, Hubert Védrine, Roland Dumas ou encore Cédric Villani.
  • Régis Debray a collaboré au scénario du film de Miguel Littín, Le Recours de la méthode, en compétition au Festival de Cannes 1978 sous le titre Viva el Presidente

Opéra

En 2016, Régis Debray écrit le livret de l'opéra Benjamin, dernière nuit, drame lyrique en quatorze scènes de Michel Tabachnik, consacré au philosophe allemand Walter Benjamin, créé à l'opéra de Lyon le .

Notes et références

Bibliographie

  • François Dagognet, Robert Damien et Robert Dumas, Faut-il brûler Régis Debray ?, Seyssel, Champ Vallon, 1999, 208 p. (ISBN 2-87673-294-7) (postface de Régis Debray)

Annexes

Articles connexes

  • Foquisme
  • Vilém Flusser

Liens externes

  • Ressource relative à l'audiovisuel :
    • (en) Internet Movie Database
  • Ressources relatives à la recherche :
    • Cairn
    • Canal-U
    • Diffusion des savoirs de l'École normale supérieure
    • Persée
  • Ressource relative à la vie publique :
    • Documentation de la Société générale de presse
  • Site officiel
  • Portail du marxisme
  • Portail de la philosophie
  • Portail de la littérature française
  • Portail des médias
  • Portail de la politique française

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Source : Article Régis Debray de Wikipédia

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